Des « hommages et des obsèques » au niveau national sont prévus pour Ange Didier Huon, mort lundi à 33 ans.

 

Le chanteur ivoirien DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Huon, légende du coupé-décalé, est mort à 33 ans, lundi 12 août, des suites d’un accident de la circulation survenu la nuit précédente, a annoncé la Radiodiffusion télévision ivoirienne, citée par l’Agence France-Presse (AFP). Selon des messages et des photos qui circulent sur les réseaux sociaux, DJ Arafat conduisait une moto lorsqu’il a percuté une voiture.

Dans un communiqué diffusé par la chaîne sur sa page Facebook, le ministre de la culture et de la francophonie, Maurice Kouakou Bandaman, a présenté ses condoléances « à sa famille et à tous les mélomanes ivoiriens ». Il annonçait son attention de « prendre toutes les dispositions de concert avec le chef de l’Etat pour les hommages et obsèques de l’artiste et invite tous les mélomanes à la retenue et au calme ». Fin juillet, une bagarre rangée avait éclaté entre des proches de DJ Arafat et Safarel Obiang, une autre star ivoirienne. Début 2019, l’artiste avait sorti son dixième album.

« On est tous sous le choc », a témoigné, auprès de l’AFP, le producteur et spécialiste du hip-hop Ickx Fontaine. Selon lui, DJ Arafat était « au top niveau depuis quinze ans et son premier tube, Jonathan. C’était impressionnant. C’était un vrai chanteur et un batteur () il a donné un nouveau souffle au coupé-décalé ». DJ Arafat avait été désigné « meilleur artiste de l’année » aux Awards du coupé-décalé, en 2016 et 2017.

Genre musical, mais aussi attitude, le coupé-décalé est né en 2003 dans les boîtes de nuit ivoiriennes pour se disséminer ensuite dans toute l’Afrique. Il a commencé à conquérir l’Europe et les Etats-Unis, notamment grâce aux sportifs qui ont popularisé certains pas de danse.

Un millier de fans rassemblés en sa mémoire

DJ Arafat était « un monument de la musique ivoirienneil donnait des concerts dans toute l’Afrique », a témoigné Ozone, un producteur de hip-hop et animateur de télévision. « Il avait un charisme naturel, il restera une force pour la musique ivoirienne et africaine », a-t-il jugé. Selon Scovik, un manageur de coupé-décalé, DJ Arafat était né dans le milieu de la musique. Sa mère était une chanteuse connue et son père un ingénieur du son réputé, a précisé le manageur : « C’était un artiste très exigeant, il travaillait beaucoup. »

« Il avait un son particulier, il a accéléré le coupé-décalé et il a apporté une autre façon de danser, spectaculaire », a souligné Skovik. « Il était aussi doué pour le marketing, il faisait le buzz, il fallait toujours qu’on parle de lui, il a toujours voulu être à la page. » Il avait débuté au début des années 2000 comme DJ dans les clubs de la rue Princesse à Yopougon, un des hauts lieux de la nuit abidjanaise, et s’était rapidement fait connaître. Parmi ses tubes, on peut retenir Kpangor(2005), Zoropoto (2011), Enfant béni (2018). Son dernier single s’intitulait Moto Moto.

Une foule d’un millier de fans en pleurs était rassemblée, lundi après-midi, devant la polyclinique des Deux-Plateaux, à Cocody, à l’endroit où est mort le chanteur, ont constaté des journalistes de l’AFP. Incrédules à l’annonce de sa mort, des fans scandaient : « Arafat ne peut pas mourir ! » La police tentait de les contenir, non sans difficulté.

S/LMA/Africsol

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