Vers un nouveau record de participation ? Ce week-end du 14 et 15 août, de nouvelles manifestations se tiendront en France contre le passe sanitaire. Les participants espèrent bien faire durer le mouvement jusqu'à la rentrée, au minimum.

Ils étaient 237 000 samedi 7 août à battre le pavé partout en France pour dénoncer le projet de loi sanitaire approuvé en grande majorité par le Conseil constitutionnel deux jours auparavant. Samedi 14 août, le renseignement territorial, cité par France Info, s’attend à ce que les manifestants soient 250 000 à l'échelle nationale. Alors que plus d’une centaine de rassemblements avaient été organisés le 7 août, au moins 200 actions sont prévues demain.

À Paris, plusieurs rassemblements distincts devraient avoir lieu. Le principal partira à 13 heures de Porte Dorée en direction de la place de Clichy. Le départ d’un second cortège, lancé à l’initiative de Florian Philippot, se fera place de la Catalogne, dans le quartier de Montparnasse, en direction de Port Royal. Enfin, un troisième cortège s’élancera de la place de la Bourse, à partir de 13 h 30, vers le Palais-Royal. À Montpellier, un itinéraire précis a été défini par la préfecture de l’Hérault, de la place de la Comédie jusqu’à l’esplanade de l’Europe. Autre grande ville où la mobilisation est importante : Lyon, où le rendez-vous est donné esplanade François-Mitterrand à 14 heures.

Comme les semaines précédentes, les manifestants ont l’intention de faire entendre leur voix dans les petites et moyennes villes. En Savoie, sur les 19 000 habitants que compte Albertville, 600 ont pris part à la manifestation du 7 août. Seront-ils aussi nombreux pour cette quatrième semaine ? Réponse demain. Bien d’autres villes, à l’instar d’Orléans, où 2 500 manifestants ont été dénombrés la semaine passée, seront de la partie. À Toulouse, l’accès au centre-ville a été interdit aux manifestants en raison des troubles observés la 7 août. Toutefois, un rassemblement aura bien lieu, au départ du métro Jean-Jaurès, à 14 heures.

« SÉGRÉGATION »

La détermination des manifestants ne semble pas faiblir. Certains, interrogés par Marianne, ne décolèrent pas après la décision du Conseil constitutionnel. C’est le cas de Juliette, qui va manifester à Clermont-Ferrand ce samedi, pour s’opposer aussi bien au passe sanitaire qu’à la vaccination obligation. Le vote de l’Assemblée nationale qui s’était déroulé en pleine nuit, le 23 juillet, l’avait déjà laissée pantoise. « C’est scandaleux, ce n’est pas humain de voter je ne sais combien d’amendements à 4 heures du matin », estime-t-elle. Elle goûte peu le « marketing » autour du vaccin. En témoigne, selon elle, l’exemple du site ViteMaDose où l’on « utilise le vocabulaire des drogués ».

Le passe sanitaire ne lui convient pas davantage : « On joue sur la corde sensible, explique Juliette. On crée une ségrégation entre les vaccinés et les non vaccinés.C’est bien le passe sanitaire qui m’empêche d’aller au restaurant et au musée. »

MOUVEMENT POPULAIRE ET PAS POLITIQUE ?

De son côté, Régis Portalez s’est rendu à une manifestation à Toulouse il y a deux semaines et à une autre à Paris la semaine dernière. Pour ce militant de la gauche radicale âgé de 36 ans, très actif sur Twitter, le mouvement qui s’est déclenché est « populaire » et pas « politique ». À ses yeux, le passe sanitaire « crée un précédent de contrôle à la chinoise dont on aura bien du mal à se défaire. »

Dans le même temps, il se montre favorable à la vaccination et même à son caractère obligatoire. « Avec le passe sanitaire, Emmanuel Macron fait porter la responsabilité d’une campagne de santé publique sur les individus, si bien que si ça marche, ce sera sa réussite, et si ça foire, ce sera la faute des gens », renchérit-il.

Sans espérer un recul du gouvernement, il espère que « le mouvement va durer et s’amplifier, avant de se raccorder au probable automne social à venir, avec la réforme de l’assurance-chômage ». Été chaud, automne brûlant ?

S/M/Africsol

 

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